Entre Saint-Nazaire et Madagascar, un pont d'espoir pour l'eau potable

Entre Saint-Nazaire et Madagascar, un pont d’espoir pour l’eau potable

Dans le sud de Madagascar, seuls 15% des habitants ont accès à l’eau potable. À 8 000 kilomètres de là, Saint-Nazaire Agglomération mobilise ses compétences et ses citoyens pour changer la donne. Un projet de coopération, baptisé récemment « Un pont d’espoir pour l’eau potable », transcende les océans et unit deux territoires autour d’un enjeu vital : lutter ensemble contre la crise de l’eau.

Depuis 2021, 222 000 euros ont été investis dans ce partenariat exceptionnel, financé grâce au dispositif « 1% eau » de l’agglomération nazairienne. Cet engagement se renforce, les dernières actualités confirmant la poursuite des investissements et le renouvellement du soutien citoyen et institutionnel côté français.

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Un fléau qui touche 120 000 Malgaches

Dans les communes rurales d’Itampolo, Efoetse et Androka, au cœur du Grand Sud malgache, l’eau se fait rare. L’espérance de vie y plafonne à 57 ans, principalement à cause du manque d’accès à l’eau potable et d’une exposition accrue aux épisodes climatiques extrêmes.

“Cette région est naturellement contrainte sur le plan climatique”, explique Stéphane Malhaire, Directeur du Cycle de l’eau de Saint-Nazaire Agglomération. “Elle subit régulièrement des épisodes de sécheresse avec des conséquences désastreuses pour les sols et les populations.”

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : seuls 54% des Malgaches ont accès à une eau de qualité, et ce pourcentage tombe à 15% dans le Grand Sud. La réalité du terrain ne cesse de s’aggraver : en 2024, les ONG ont alerté sur un risque de recrudescence des maladies hydriques faute d’infrastructures suffisantes.

Quand la sécheresse tue l’espoir

Madagascar est devenu le premier pays reconnu en situation de famine en raison du réchauffement climatique. La moitié de l’île souffre d’une pénurie chronique d’eau, créant une crise humanitaire qui persiste et s’intensifie au fil des années. Les phénomènes météorologiques extrêmes, comme des tempêtes de sable désormais plus fréquentes, compliquent encore la situation.

Les nappes phréatiques s’épuisent. Plus de 1,14 million de personnes vivent en insécurité alimentaire aiguë, dont près de 14 000 en situation de famine. Les nouvelles de terrain recueillies récemment montrent que les besoins restent critiques.

Saint-Nazaire, un partenaire technique de choix

L’agglomération nazairienne ne se contente pas d’apporter un soutien financier. En 2022, une délégation malgache conduite par les maires d’Itampolo et d’Androka a visité les installations techniques de la CARENE, notamment le site de Campbon. Cette coopération, intensifiée depuis 2023 avec de nouveaux échanges de formation, favorise la montée en compétence des équipes locales malgaches et la mutualisation des innovations hydrauliques entre les deux territoires.

La nappe de Campbon fournit 45% de l’eau distribuée dans l’agglomération, soit 8,4 millions de m³ par an, un savoir-faire technique et une gestion intégrée qui inspirent les partenaires malgaches.

“Nos territoires doivent s’adapter et coopérer à une échelle internationale pour développer des mesures de résilience”, souligne Stéphane Malhaire.

L’association Transmad, maillon essentiel

Créée en 1997 par de jeunes Bretons ayant vécu une aventure initiatique à Madagascar, l’association Transmad œuvre aujourd’hui comme premier opérateur d’aide publique au développement de la région Pays de la Loire dans le secteur de l’eau potable à Madagascar. L’organisation a récemment diversifié ses projets, amplifié ses actions de sensibilisation locale et renforcé ses partenariats techniques en vue d’améliorer la durabilité des installations.

Forte d’une équipe de 42 salariés malgaches, dont 18 avec plus de 10 ans d’ancienneté, Transmad a déjà raccordé 25 000 personnes à l’eau potable ces 12 derniers mois – un chiffre en hausse grâce au soutien renouvelé de Saint-Nazaire et de ses habitants.

Le « 1 % eau » : quand chaque facture compte

Depuis 2021, Saint-Nazaire Agglomération prélève 1% sur le montant global des factures d’eau de ses 120 000 habitants. Grâce à ce mécanisme, prévu par la loi Oudin-Santini de 2005, les actions de solidarité internationale bénéficient d’un financement stable – une démarche régulièrement citée en exemple dans les réseaux de coopération internationale.

Résultat concret : 222 000 euros investis dans ce programme FICOL avec le soutien du Ministère des Affaires étrangères.

Chaque mois, cette contribution citoyenne se transforme en espoir pour des familles malgaches. Pour Emma Haziza, hydrologue, c’est la promesse de “faire entendre la voix de l’eau” et d’agir concrètement pour un accès universel aux ressources vitales.

Des échanges qui enrichissent les deux territoires

La coopération dépasse largement le simple transfert de fonds. Au fil des années, l’accueil de quatre volontaires malgaches en service civique à Saint-Nazaire a permis de tisser des liens interculturels solides, auxquels s’ajoute un volume croissant d’échanges pédagogiques et techniques entre étudiants et professionnels.

Côté sensibilisation, 681 élèves de l’agglomération nazairienne ont été initiés cette année aux enjeux mondiaux de l’eau. Un « club des jeunes de l’eau d’ici et là-bas » a même vu le jour au collège Albert Vinçon, illustration concrète d’une dynamique citoyenne qui s’ancre localement et s’ouvre sur le monde.

Madagascar : un laboratoire face au changement climatique

Madagascar : un laboratoire face au changement climatique

Ce partenariat révèle des enjeux planétaires. Le réchauffement climatique frappe d’abord les plus vulnérables, mais menace aussi les territoires européens, rappelant que la résilience hydrique est un défi global. Les échanges récents autour des solutions d’alerte précoce, de gestion communautaire et des technologies sobres en eau illustrent le positionnement de Madagascar comme un laboratoire d’innovations adaptatives.

“Le changement climatique est une réalité avec une eau potable qui devient de plus en plus menacée”, rappelle Eric Provost, premier vice-président de Saint-Nazaire Agglomération.

L’agglomération nazairienne modernise d’ailleurs son usine de potabilisation de Campbon, preuve que la résilience hydrique concerne tous les territoires, qu’il s’agisse de la Loire-Atlantique ou du sud de Madagascar.

Un modèle reproductible ?

L’expérience conduite entre Saint-Nazaire et Madagascar inspire déjà. L’interconnexion intelligente des sources d’approvisionnement (nappe de Campbon, Loire, Vilaine), développée par la CARENE, suscite un vif intérêt chez les partenaires africains accueillis récemment en Loire-Atlantique. Les méthodes de traitement et les modèles de gouvernance solidaire constituent une base prometteuse pour d’autres territoires en quête de solutions résilientes.

Vers un accès universel à l’eau

L’objectif reste ambitieux : équiper toute l’île de Madagascar d’un réseau d’eau potable. Le coût ? Environ 2,8 milliards d’euros selon les récentes estimations du ministre malgache Roland Ravatomanga.

Face à ce défi titanesque, les coopérations comme celle de Saint-Nazaire montrent la voie : chaque robinet installé, chaque famille raccordée représente une victoire concrète contre la précarité hydrique et pour le droit humain fondamental à l’eau. Depuis Fenoaivo, dans la région d’Anosy, les témoignages affluent : “L’eau et l’électricité nous sauveront de la famine”, clament les habitants.

Le partenariat entre Saint-Nazaire et Madagascar prouve qu’un territoire, même à distance, peut agir concrètement pour un monde plus juste. Au-delà des océans, l’eau continue d’unir les peuples et de dessiner, goutte après goutte, l’avenir de notre planète.

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Un commentaire

  1. Lucas Blanc dit :

    Quelle belle initiative de relier Saint-Nazaire à Madagascar pour améliorer l’accès à l’eau potable ! Ce type de solidarité internationale change réellement des vies et offre un bel exemple de coopération durable entre les territoires. Bravo aux acteurs de l’eau et aux citoyens engagés !

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