Les Betsileo : la population au cœur de la culture malgache

Sur les Hautes Terres de Madagascar, au sud de l’Imerina, se trouve le pays Betsileo. Cette région fertile présente une succession de rizières en terrasses, de vignobles, de plantations de thé et de champs de manioc s’étendant à perte de vue. Les traditions tiennent particulièrement une place importante dans la société betsileo et sont encore respectées de nos jours. Voici un tour d’horizon des us et coutumes betsileo qui constituent une vitrine parfaite du folklore malgache.

Une société hiérarchisée

La tribu des Betsileo – qui signifie « les nombreux invincibles » – a élu domicile à Fianarantsoa, le chef-lieu de la province, et dans les hameaux avoisinants. Si le nom évoque la hardiesse de ses guerriers, ce peuple est également réputé pour son savoir-faire agricole et son habileté artisanale. Il faut également savoir que les sociétés betsileo et merina présentent de nombreux points communs, notamment le système des castes. Le royaume betsileo était hiérarchisé selon les quatre castes suivants :

  • Les « Hovas » ou les nobles ;
  • Les « Andehova » ou les personnes au service des nobles ;
  • Les « Olom-potsy » ou les roturiers ;
  • Les « Andevo » ou les esclaves.

Les rituels de séduction et le mariage

Les jeunes Betsileo qui aspirent à se marier ont un moyen subtil d’exprimer leur disponibilité : les garçons plantent un peigne dans leurs cheveux et les filles ajoutent des pinces à leur coiffure.

Lorsqu’ils se marient, la famille du marié offre traditionnellement un zébu à la famille de la promise. La naissance de leur premier enfant doit obligatoirement avoir lieu dans le village de l’épouse.

Les Betsileo étaient-ils polygames ? Oui, à condition d’avoir un certain poids social et politique, ou d’avoir assez de rizières pour entretenir une famille nombreuse. Il faut aussi savoir que les épouses étaient généralement réparties dans des localités différentes afin de ne pas engendrer des conflits.

La religion

Évangélisés au XIXe siècle, les Betsileo ont adopté le christianisme… avec un fond d’animisme. Bien qu’ils croient en « Andriamanitra » ou « le Noble parfumé », qui correspond au Dieu de la Bible, ils n’en demeurent pas mois superstitieux.

En effet, ils prêtent à la nature et à l’eau des pouvoirs mystiques, et sont convaincus qu’il existe un monde invisible peuplé d’une pléiade de divinités, de « razana » (« esprits des ancêtres »), d’âmes ou encore de fantômes pouvant être aussi bienfaisants que malfaisants.

Notez que bien avant l’arrivée des missionnaires sur l’île, les Betsileo étaient déjà convaincus de l’existence d’un dieu unique appelé Zanahary ou « Celui qui a créé ». De nos jours, les razana sont encore invoqués pour demander une bénédiction ou servir d’intermédiaire entre Zanahary et les vivants. En tant que détenteur du « hasina » ou « essence sacrée », les rois étaient aussi habilités à donner des bénédictions.

Le Famadihana

Le Famadihana ou « retournement des morts » est une coutume funéraire apportée par les Merinas chez les Betsileo pendant le règne de Ranavalona I. Elle démontre le caractère sacré des ancêtres dans la tradition malgache. Au cours de cette cérémonie qui a lieu tous les 5 ou 7 ans, leurs dépouilles sont exhumées puis enveloppées dans de nouveaux linceuls.

Elles sont ensuite portées en triomphe par les membres de la famille dans une joyeuse procession rythmée par des chants et des danses, avant d’être replacées dans le caveau. Les festivités donnent lieu à un sacrifice de zébu, dont la viande sera partagée entre les participants.

Globalement, si le principe du Famadihana peut surprendre, l’objectif n’en demeure pas moins tout simplement humain : transformer la tristesse en joie. Notez qu’il est à différencier du Famindrana, qui consiste à transférer les corps dans une nouvelle sépulture.

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