Sur les traces du Père André Roustit : quand Villefranche-d’Albi marche pour Madagascar
28 septembre, 8h30 du matin. Sur la place de l’église de Villefranche d’Albigeois, l’odeur du café chaud se mêle à celle de l’automne naissant.
Une cinquantaine de personnes se rassemblent, chaussures de marche aux pieds, sourires complices sur les lèvres. Ils ne le savent peut-être pas encore, mais cette journée va bien au-delà d’une simple randonnée.
Ils s’apprêtent à marcher dans les pas d’un homme qui a consacré sa vie à relier deux mondes : le Tarn et Madagascar.
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L’homme qui a fait voyager l’espoir

Père André Roustit. Un nom qui résonne encore aujourd’hui dans les collines du Tarn et les rizières malgaches.
Né en 1937 à Cambieu, ce petit village au cœur de l’Albigeois, André Roustit aurait pu mener une existence tranquille. Mais à 20 ans, quelque chose l’appelle vers l’ailleurs, vers une vocation qui le mènera bien plus loin que les frontières de son département natal.
« Il avait cette flamme dans le regard quand il parlait de Madagascar », se souvient Marie-Claire, 78 ans, qui l’a connu dans sa jeunesse.
En 1996, alors que l’Internet en est encore à ses balbutiements, le Père Roustit pose les bases de ce qui deviendra l’association Tarn Madagascar. Une vision simple mais révolutionnaire : créer un pont durable entre deux territoires que tout sépare géographiquement, mais que tant de choses peuvent unir humainement.
Quand la solidarité prend racine
L’association Tarn Madagascar, c’est d’abord une histoire de rencontres.
Pas de gros budgets, pas de subventions conséquentes. Juste des hommes et femmes du Tarn qui décident de tendre la main à leurs semblables malgaches. Avec leurs propres moyens, leur temps libre, leur énergie.
Comment ça fonctionne concrètement ?
Des projets de développement pensés par et pour les communautés locales :
- Construction d’écoles dans les villages isolés
- Forages de puits pour l’accès à l’eau potable
- Formation d’artisans locaux
- Programmes de santé communautaire
« Nous ne faisons rien sans eux, nous ne décidons rien à leur place », explique le président actuel de l’association.
Cette philosophie, c’est l’héritage direct du Père Roustit.
Une randonnée, mille émotions
Ce 28 septembre ne ressemble à aucune autre randonnée d’automne.
8h30 : le café d’accueil fume encore dans les gobelets en carton quand les premiers marcheurs s’élancent. L’ambiance est particulière – mélange de joie de se retrouver et d’émotion contenue.
Parce que tout le monde sait ce qui les attend à 12h30.
Les chemins de Villefranche d’Albigeois racontent l’histoire de ce coin de France rural, entre tradition et modernité. Les marcheurs avancent par petits groupes, échangeant des anecdotes, partageant leurs motivations.
« Moi, je viens pour André », confie discrètement Paulette, 82 ans, qui a connu le prêtre dans sa paroisse. « Il nous disait toujours que Madagascar, c’était pas si loin que ça. Il avait raison. »
L’hommage à Cambieu : quand l’histoire reprend ses droits
12h30 précises. Cambieu.
Le petit village qui a vu naître André Roustit s’apprête à vivre un moment historique. Une plaque commémorative va être dévoilée, marquant à jamais la mémoire de cet homme d’exception.
Pourquoi aujourd’hui ? Pourquoi maintenant ?
Parce que 27 ans après la création de l’association, il était temps. Temps de dire merci, temps de se souvenir, temps de transmettre aux nouvelles générations cette flamme qui a animé le Père Roustit.
« Cette plaque, c’est notre façon de lui dire qu’on n’a pas oublié », explique avec émotion la présidente d’honneur de Tarn Madagascar.
L’instant est solennel. Les randonneurs forment un cercle respectueux autour de la plaque. Quelques larmes perlent, quelques sourires se dessinent. L’histoire du Père André Roustit devient officiellement patrimoine de Cambieu.
Au-delà des 9000 kilomètres
Cette journée à Villefranche-d’Albigeois raconte quelque chose de plus grand qu’une simple commémoration.
Elle illustre cette capacité extraordinaire qu’ont les hommes à créer des liens par-delà les océans. Madagascar et le Tarn, 9000 kilomètres de distance, des cultures différentes, des langues qui ne se ressemblent pas.
Et pourtant…
Grâce à des hommes comme le Père André Roustit, grâce à des associations comme Tarn Madagascar, ces deux territoires se parlent, s’entraident, grandissent ensemble.
« Quand on aide Madagascar, on s’aide nous aussi », philosophe un randonneur. « On redevient humains. »
L’esprit solidaire en marche
Cette randonnée d’automne n’est qu’un aperçu de la vitalité de Tarn Madagascar.
Tout au long de l’année, l’association multiplie les initiatives :
- Soirées de sensibilisation dans les villages du Tarn
- Collectes de fonds pour financer les projets malgaches
- Échanges culturels entre jeunes tarnais et malgaches
- Missions sur place pour suivre l’avancement des réalisations
Le tout dans l’esprit insufflé par le Père Roustit : la simplicité, l’authenticité, l’efficacité.
Quand l’automne tarnais rencontre l’été malgache
En cette fin septembre, pendant que les feuilles jaunissent dans l’Albigeois, c’est le printemps qui s’installe à Madagascar.
Deux saisons, deux hémisphères, une même volonté de construire ensemble.
Les randonneurs de Villefranche-d’Albigeois le savent bien : chaque pas qu’ils font aujourd’hui, c’est un pas de plus vers leurs amis malgaches. Chaque euro collecté lors de cette journée financera peut-être la prochaine école, le prochain puits, le prochain dispensaire.
C’est ça, la magie de Tarn Madagascar.
Des envies d’agir dans votre commune ?
Aucun événement similaire n’est encore annoncé prochainement dans le Tarn sous l’appellation « Marche pour Madagascar ». Si vous souhaitez participer à une marche solidaire ou à une initiative en faveur de Madagascar, contactez votre mairie ou consultez les réseaux sociaux locaux pour découvrir les prochains rendez-vous de Tarn Madagascar ou d’autres associations partenaires.
Sinon, pourquoi ne pas organiser vous-même une marche solidaire ? De nombreuses associations comme Madagascar Sans Frontières, Action Contre la Faim ou Cœur et Conscience sauront vous conseiller pour faire de votre démarche un élan de solidarité concret.
- Contactez la mairie pour les autorisations
- Sélectionnez un parcours convivial et sécurisé
- Communiquez largement sur l’événement (affiches, réseaux sociaux, presse locale)
- Organisez une collecte de dons pour financer des projets associatifs à Madagascar
Vous cherchez à soutenir Madagascar près de chez vous ? Rapprochez-vous également des ONG et associations présentes localement ou lancez votre propre initiative.
L’héritage qui perdure
En fin d’après-midi, quand les derniers marcheurs regagnent Villefranche-d’Albigeois, quelque chose a changé.
La plaque du Père André Roustit brille déjà moins sous le soleil déclinant, mais son message résonnera longtemps. L’association qu’il a créée continue d’exister, de grandir, de tisser des liens.
« André serait fier », murmure une ancienne paroissienne. « Son rêve continue de vivre. »
Rendez-vous est déjà pris pour l’année prochaine. Même lieu, même heure, même esprit. Parce que Madagascar, ce n’est jamais qu’à quelques pas… quand on a le cœur assez grand pour y croire.
Dans les cahiers de Tarn Madagascar, une nouvelle page s’écrit. Celle de la mémoire, de la gratitude, et de la promesse que l’aventure continue.
Le Père André Roustit peut reposer en paix : son message résonne encore dans les collines du Tarn.








Ce type de marche collective révèle la façon dont solidarité, histoire locale et biodiversité peuvent se rencontrer. Les liens entre Villefranche-d’Albi et Madagascar m’interpellent : transmission, échanges culturels, et peut-être une sensibilisation à la protection de la faune malgache. Une belle initiative humaine et écologique.