JIRAMA : Rajoelina écarte la privatisation
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Le président reçoit les syndicats pour apaiser les tensions
ANTANANARIVO – Face aux inquiétudes persistantes du personnel de la JIRAMA, le président Andry Rajoelina a organisé une nouvelle rencontre d’urgence avec les représentants syndicaux au palais d’Iavoloha. L’objectif demeure clair : rassurer définitivement sur l’avenir de la compagnie nationale d’électricité, au cœur d’un débat national depuis plusieurs mois.
“Pas de privatisation tant que je suis président”
Dans une déclaration ferme et renouvelée, le chef de l’État a tranché une bonne fois pour toutes le débat qui agite depuis des semaines les 15 000 employés de la JIRAMA et l’opinion publique.
“Il n’y aura pas de privatisation de cette compagnie tant que c’est moi qui suis à la tête du pays”
Cette assurance forte vise à calmer les esprits, en réponse aux nombreuses rumeurs alimentées par la transformation statutaire récente de JIRAMA en Société Anonyme (SA). Ces propos présidentiels, confirmés en début 2024, confirment une posture claire de l’exécutif face aux pressions pour une ouverture du capital.
Un changement de statut controversé mais nécessaire
Le passage en SA, avec un capital de 52 milliards d’ariary réparti en 2,6 millions d’actions de 20 000 ariary chacune, reste toujours détenu à 100% par l’État malgache. Cette restructuration, exigée par la Banque mondiale, constitue une condition sine qua non pour débloquer une aide budgétaire cruciale.
“Aucune entrée d’un nouvel actionnaire dans le capital de la compagnie n’est envisagée”
a renforcé Andry Rajoelina, écartant fermement les hypothèses de privatisation partielle ou totale. Ce positionnement s’inscrit dans une volonté de préserver le contrôle public de JIRAMA tout en avançant vers une gestion plus moderne et transparente.
Un diagnostic alarmant révélé
Lors de cette rencontre, le président n’a pas ménagé ses critiques en dressant un tableau sans complaisance de la situation :
Les chiffres qui font mal :
- 29% de pertes techniques dues à un réseau vieillissant
- 144 milliards d’ariary de déficit annuel
- Groupes électrogènes souvent obsolètes et énergivores
- Vols de carburant récurrents
- Surcharge salariale mal répartie
Ces révélations publiques marquent une rupture significative dans la communication habituelle autour de JIRAMA, longtemps présentée comme un secteur stratégique intouchable.
Un plan de redressement ambitieux et une modernisation accélérée
Face à ce constat d’échec, le gouvernement mise sur une stratégie claire et renforcée :
Les axes prioritaires :
- Investissements massifs dans l’énergie solaire, avec de nouveaux projets déjà lancés en 2024
- Révision complète et renouvellement du parc de groupes électrogènes pour gagner en efficacité énergétique
- Installation progressive de compteurs intelligents afin d’améliorer la facturation et la gestion
- Rénovation et modernisation du réseau de distribution, pour réduire les pertes et améliorer la qualité de service
Ces projets, désormais dotés de financements garantis grâce à la restructuration, doivent impérativement se concrétiser pour éviter l’effondrement de la compagnie nationale.
Les syndicats partiellement rassurés mais vigilants
Si l’engagement présidentiel sur la non-privatisation a été accueilli favorablement, les représentants du personnel restent toutefois vigilants. Ils expriment notamment des craintes sur les conséquences potentielles de la restructuration, notamment en matière d’emplois et de plans sociaux éventuels.
La rencontre d’Iavoloha marque une étape importante dans la gestion de cette crise. Reste à savoir si les engagements présidentiels, renouvelés et confirmés, suffiront à apaiser durablement les tensions au sein de cette entreprise publique stratégique, vitale pour l’économie malgache.
Cette déclaration intervient dans un contexte régional où plusieurs pays africains ont opté pour la privatisation de leurs compagnies électriques sous la pression des bailleurs de fonds internationaux, avec des résultats souvent mitigés. Madagascar choisit pour l’instant de maintenir un contrôle étatique ferme sur JIRAMA, tout en poursuivant sa modernisation.







