Carte des îles françaises autour de Madagascar

Perdues dans l’immensité bleue du canal du Mozambique, cinq petites îles éparses, Glorieuses, Juan de Nova, Europa, Bassas da India et Tromelin, suscitent depuis des décennies un vif débat diplomatique entre Madagascar et la France.


Si leur superficie cumulée ne dépasse pas 43 km², elles confèrent à Paris un contrôle sur une zone économique exclusive (ZEE) maritime qui s’étend sur près de 600 000 km². Un atout stratégique autant qu’économique, qui attise l’intérêt et les tensions.

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Des points sur la carte, un vaste océan sous contrôle

Les îles Glorieuses, Juan de Nova, Europa et Bassas da India se situent dans le canal du Mozambique, à égale distance ou presque des côtes malgaches et africaines. Tromelin, plus isolée, se trouve au nord-est de Madagascar, en direction de l’île Maurice.


D’un point de vue géographique, leur taille est modeste, mais leur ZEE maritime couvre un espace riche en ressources halieutiques et potentiellement minérales.


Pour replacer ces territoires dans le contexte insulaire malgache, il faut rappeler que Madagascar cache de nombreuses îles aux histoires surprenantes, souvent méconnues du grand public.

CARTE ILES EPARSES
Carte des îles éparses Madagascar

Un héritage colonial qui divise

À la fin du XIXe siècle, la France prend possession des îles Éparses et les rattache administrativement à Madagascar. Mais à la veille de l’indépendance malgache, en 1960, elles sont détachées pour passer sous administration directe française.


Depuis les années 1970, Antananarivo revendique leur restitution, s’appuyant sur le principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et sur deux résolutions de l’ONU (34/91 et 35/123) appelant à un règlement négocié.


La France, de son côté, maintient que les îles étaient terrae nullius ,sans souveraineté préalable, avant leur occupation et qu’elles font partie intégrante de ses Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) depuis 2007.

2025 : un dialogue prudent mais sans percée

En juin 2025, la commission mixte franco-malgache s’est réunie pour la deuxième fois à Paris. Les deux pays reconnaissent l’existence du différend, mais restent campés sur leurs positions.
Paris exclut toute restitution et propose une cogestion axée sur la protection environnementale et la recherche scientifique.


Antananarivo réclame, au contraire, la restitution complète des îles et une indemnisation pour les pertes économiques engendrées depuis plus d’un demi-siècle.


Les tensions se sont ravivées après la création par la France, en 2021, d’une réserve naturelle nationale aux Glorieuses, et la visite du président français en avril 2025.


Pour comprendre à quel point les îles font partie de l’identité maritime malgache, il suffit de voir la diversité des îles incontournables à visiter dans le pays.

Enjeux économiques et écologiques

Au-delà du symbole, ces îles offrent un potentiel économique considérable : zones de pêche abondantes, ressources minérales marines (notamment des nodules polymétalliques) et réserves gazières encore inexplorées.
Elles sont également des sanctuaires de biodiversité. La réserve des Glorieuses abrite tortues marines, oiseaux migrateurs et récifs coralliens préservés.
L’attrait écologique n’est pas sans rappeler l’exceptionnelle beauté naturelle de Nosy Iranja, autre joyau marin de Madagascar.

Un attrait limité pour le tourisme

L’accès aux îles Éparses est strictement réglementé, en raison de leur isolement et de leur statut protégé. Seules quelques missions scientifiques et militaires y séjournent.
Pourtant, leur richesse écologique et leur histoire en font un sujet d’intérêt pour l’écotourisme régional, à condition qu’un accord politique et un encadrement strict permettent d’y organiser des visites responsables.
Certaines îles malgaches, comme Nosy Be, élue plus belle île africaine, prouvent qu’un développement touristique raisonné peut coexister avec la préservation de l’environnement.

Conclusion

Le dossier des îles Éparses reste l’un des points les plus sensibles des relations entre Madagascar et la France.
Au croisement des enjeux diplomatiques, économiques et environnementaux, ces territoires représentent bien plus que de simples îlots perdus : ils sont un pivot stratégique dans la maîtrise des ressources de l’océan Indien.


Reste à savoir si la voie du compromis, peut-être sous la forme d’une cogestion renforcée, permettra de dépasser un demi-siècle de tensions et d’ouvrir une nouvelle page de coopération entre Antananarivo et Paris.


Et au-delà des débats, l’archipel des Éparses rappelle combien la richesse insulaire de Madagascar est un atout géopolitique et écologique majeur.

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