À l’échelle mondiale, les mangroves sont peu nombreuses, elles ne prennent pas une place importante dans les débats. Pourtant, la préservation des mangroves est capitale. Elles sont d’une grande utilité et jouent un rôle important dans l’équilibre des écosystèmes.
Prenant racines là où se rencontre terre et mer, les mangroves forment souvent une jungle inaccessible à l’homme, mais primordiale pour la faune et la flore locales.

L’importance des mangroves

Une mangrove est un habitat naturel pour grand nombre d’espèces. Elle permet une protection pour certains poissons, crustacés et mollusques. De plus, la densité de ses racines forme un sol sur lequel des mammifères peuvent s’y déplacer. On y retrouve donc tous types d’animaux, que ce soient des plus petits rongeurs, aux plus gros prédateurs, tels que le tigre. Si l’on prend un peu d’altitude, on peut apercevoir des oiseaux, des insectes, et même des singes ayant choisi comme habitat les branches à la cime des arbres.

Mais au-delà d’être un refuge pour la faune, la mangrove permet aussi de protéger les côtes de l’érosion en absorbant le choc des vagues. Plus que de protéger, elle fait même avancer la terre vers la mer, en bloquant les sédiments avec ses racines. Tout comme les forêts amazoniennes, les mangroves sont des puits de carbone. Elles possèdent une forte capacité à absorber le CO2. C’est pourquoi, il ne faut pas les négliger, et prendre en compte la situation critique des mangroves dans le monde, et plus précisément à Madagascar, où se trouvent 20% des mangroves africaines.

L’état critique des mangroves à Madagascar

En 2017, des spécialistes ont constaté une forte diminution des mangroves à Madagascar. Un état alarmant, mais réparable sous certaines conditions. De nos jours, la mangrove malgache a déjà perdu 10% de sa superficie en 40 ans. Cette perte est dû au dérèglement climatique, à l’élévation du niveau de la mer, et bien évidemment à cause de la main de l’Homme.

Sur la côte ouest de l’île, Majunga, Morondava et Tuléar, sont les villes où l’écosystème et le plus critique. Ce phénomène s’explique du fait que les besoins en bois des habitants sont très importants dans ces villes. Les forêts environnantes étant protégées, ou fortement déforestées, le bois de mangrove subit alors une forte pression, car économique et de proximité.

La mangrove malgache est donc sous pression du côté de la mer par le changement climatique, et du côté de la terre par l’Homme.

Projet de préservation

Mais tout n’est pas perdu, il est possible de réparer la mangrove. Pour se faire, il faut replanter les bonnes essences au bon endroit en fonction de la zone géographique de restauration. Pour préserver cet écosystème soutenant tout le littoral de Madagascar, le ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et la Pêche (MAEP) travaille main dans la main avec Swiofish2, une association luttant pour la préservation de l’environnement malgache. De cette collaboration naît un plan d’action de préservation des forêts de mangroves. Ce projet propose la plantation de plus de 171 000 propagules, arbres principaux des mangroves, dans le fokontany de Kimony, à Morondava. Avec cette action, le MAEP espère réduire au maximum le défrichement du massif de mangroves dans cette région, qui reste la plus touchée de l’île.

De plus, le ministère de l’Environnement et du Développement (MEDD) s’engage à planter 5 000 hectares de mangroves, tandis que le MAEP toujours aidé par Swiofish2, vise à restaurer 10 000 hectares d’ici 2023.

Pour que cette protection perdure, les responsables du ministère ont mis en place un système de protection et de conservation, ainsi que des zones de gestion durables des mangroves.

Mais ce n’est pas tout, les communautés aux alentours de ces lieux critiques, ont été sensibilisées sur l’importance écologique de la préservation de la mangrove. Cette campagne de sensibilisation a pour but de pérenniser ce reboisement de façon locale.

Les actions mises en place par le gouvernement malgache, en collaboration avec l’association Swiofish2, montrent la volonté de remettre l’écologie au cœur du développement de l’île. Il faudra attendre encore quelques années pour se rendre compte de l’efficacité de ses projets, qui pourraient retourner la situation, et sauver le littoral de la magnifique île de Madagascar.

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