Quels sont les vaccins obligatoires à Madagascar ?
Vous planifiez un voyage à Madagascar ? Cette île de l’océan Indien fascine par sa biodiversité unique, ses paysages spectaculaires et sa culture vibrante. Avant de boucler vos valises, deux questions essentielles se posent : peut-on aller à Madagascar en ce moment et quels vaccins sont nécessaires pour voyager en toute sécurité sur la Grande Île ?
Information essentielle : Aucun vaccin n’est strictement obligatoire pour les voyageurs européens se rendant à Madagascar. Cependant, plusieurs vaccinations sont fortement recommandées pour protéger votre santé face aux maladies infectieuses présentes sur l’île.
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Les vaccins recommandés pour Madagascar
Vaccinations de base à mettre à jour
Avant votre départ, vérifiez que vos vaccins du calendrier vaccinal sont à jour. Ces vaccinations constituent votre première ligne de défense :
Diphtérie, tétanos, coqueluche (DTC) : Ces trois vaccins sont administrés de manière combinée. Le schéma vaccinal comprend trois doses pour les nourrissons (à 2 mois, 4 mois et 11 mois), avec des rappels à l’adolescence et à l’âge adulte. Si votre dernier rappel date de plus de 10 ans, consultez votre médecin.
Rougeole, oreillons, rubéole (ROR) : La rougeole circule encore activement à Madagascar. Assurez-vous d’avoir reçu deux doses de ce vaccin, particulièrement si vous voyagez avec des enfants.
Poliomyélite : Bien que rare, cette maladie paralysante justifie une vaccination à jour, surtout pour les séjours prolongés ou dans les zones rurales.
Hépatites A et B : protection contre les infections virales du foie
Hépatite A : Hautement recommandée pour tous les voyageurs. Cette infection se transmet par l’eau ou les aliments contaminés, très fréquents dans les zones où l’hygiène est précaire. Une injection suffit pour une protection de courte durée, avec un rappel 6 à 12 mois plus tard pour une immunité prolongée.
Hépatite B : Conseillée pour les séjours longs ou répétés, ainsi que pour les professionnels de santé. Le schéma vaccinal comprend deux injections espacées d’un mois, suivies d’un rappel six mois après. Cette protection est essentielle car l’hépatite B peut évoluer vers une cirrhose ou un cancer du foie.
Fièvre typhoïde : vigilance dans les zones rurales
La fièvre typhoïde se transmet par l’eau et les aliments contaminés. Ce vaccin est particulièrement recommandé si vous prévoyez de séjourner dans des conditions d’hygiène précaires ou de visiter des zones rurales éloignées. Une seule dose assure une protection de trois ans.
Rage : indispensable pour les zones reculées
La rage reste une menace mortelle à Madagascar. Les chiens errants sont nombreux, surtout dans les villages et les zones rurales. La vaccination préventive est hautement recommandée pour :
- Les enfants en âge de marcher
- Les randonneurs et aventuriers
- Les séjours prolongés en zone rurale
- Toute personne amenée à côtoyer des animaux
Le schéma vaccinal comprend trois injections sur un mois. En cas de morsure ou de griffure, consultez immédiatement un médecin, même si vous êtes vacciné. L’Institut Pasteur à Tananarive (+261 22 401 64) dispose d’un centre de traitement antirabique.
Fièvre jaune : un cas particulier à connaître
Qui doit se faire vacciner ?
La vaccination contre la fièvre jaune n’est pas obligatoire pour les voyageurs arrivant directement d’Europe, d’Amérique du Nord, d’Asie ou d’Océanie.
Elle devient obligatoire uniquement si vous venez d’un pays où la fièvre jaune est endémique, notamment :
- Pays d’Afrique subsaharienne (Ghana, Nigeria, Kenya, Comores, etc.)
- Pays d’Amérique du Sud (Brésil, Argentine, Colombie, etc.)
Cette obligation s’applique également si vous avez transité plus de 12 heures dans un aéroport de ces pays.
Modalités de vaccination
- Obligatoire dès l’âge de 9 mois
- À effectuer au moins 10 jours avant le départ pour une primo-vaccination
- Validité à vie depuis 2016 (l’ancienne validité de 10 ans n’est plus d’actualité)
- Certificat international de vaccination à présenter aux autorités malgaches
Le vaccin Stamaril® est administré dans les centres de vaccinations internationales agréés.
Paludisme : la menace principale à Madagascar
Comprendre le risque paludéen
Le paludisme représente le risque sanitaire majeur à Madagascar. Transmis par les moustiques anophèles, il touche l’ensemble du territoire avec des variations régionales et saisonnières importantes.
Zones et périodes à risque
Risque élevé :
- Toutes les régions côtières de l’île
- Période de novembre à avril (saison des pluies et forte présence de moustiques)
- Zones forestières et humides
Risque modéré à faible :
- Hauts plateaux centraux (Antananarivo)
- Saison sèche (mai à octobre)
Le paludisme est en augmentation à Madagascar depuis 2012, avec des épidémies régulières. Cette situation impose une vigilance accrue pour tous les voyageurs.
Protection antipaludique : une approche en deux temps
Important : Il n’existe pas de vaccin contre le paludisme. La protection repose sur deux piliers complémentaires.
1. Protection contre les piqûres de moustiques
Les moustiques anophèles piquent principalement entre le coucher et le lever du soleil. Adoptez ces mesures :
- Portez des vêtements longs, amples et de couleur claire
- Appliquez des répulsifs cutanés sur les zones exposées (DEET à 30-50%)
- Dormez sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide
- Utilisez la climatisation ou un ventilateur dans votre chambre
- Imprégnez vos vêtements de perméthrine
2. Traitement préventif (chimioprophylaxie)
Trois médicaments antipaludiques sont recommandés pour Madagascar (zone de groupe 3) :
Atovaquone-Proguanil (Malarone®) :
- 1 comprimé par jour à partir du jour d’arrivée
- À poursuivre 7 jours après le retour
- Généralement bien toléré
- Existe en version pédiatrique
Doxycycline :
- 1 comprimé par jour à débuter la veille du départ
- À poursuivre 4 semaines après le retour
- Éviter l’exposition au soleil (photosensibilisation)
Méfloquine (Lariam®) :
- 1 comprimé par semaine à débuter 10 jours avant le départ
- À poursuivre 3 semaines après le retour
- Contre-indiquée en cas de troubles psychiatriques
Contre-indications importantes
Les femmes enceintes et les jeunes enfants nécessitent une consultation spécialisée. Certains traitements antipaludiques leur sont déconseillés. La grossesse augmente le risque de forme grave : les séjours en zone de forte transmission sont fortement déconseillés.
Vigilance au retour
Toute fièvre dans les 3 mois suivant votre retour constitue une urgence médicale. Consultez immédiatement en précisant votre séjour à Madagascar. Le paludisme peut être mortel si le traitement est retardé, même avec une chimioprophylaxie bien conduite.
Les symptômes évocateurs incluent :
- Fièvre, même modérée
- Maux de tête intenses
- Nausées et vomissements
- Frissons et sueurs
- Fatigue intense
Autres maladies à surveiller
Dengue et Chikungunya
Ces maladies virales transmises par les moustiques Aedes (actifs le jour) touchent particulièrement la côte nord-est de Madagascar. Aucun vaccin n’est disponible pour le chikungunya. Pour la dengue, le vaccin QDENGA® existe depuis janvier 2025 mais n’est recommandé que dans certaines conditions spécifiques.
La protection repose sur les mesures anti-moustiques, y compris en journée.
Préparation pratique de votre voyage
Quand consulter ?
Prenez rendez-vous 4 à 6 semaines avant votre départ dans un centre de vaccinations internationales ou auprès d’un médecin spécialisé en médecine des voyages. Ce délai permet :
- D’effectuer les vaccinations nécessaires
- De laisser le temps aux vaccins d’être efficaces
- D’obtenir votre traitement antipaludique adapté
Trousse médicale à emporter
Constituez une pharmacie de voyage contenant :
- Vos médicaments habituels en quantité suffisante
- Traitement antipaludique
- Répulsifs anti-moustiques
- Antiseptiques et pansements
- Antidiarrhéiques
- Médicaments contre la fièvre (paracétamol)
- Traitement de réhydratation orale
- Crème solaire haute protection
Infrastructure sanitaire sur place
Les infrastructures hospitalières malgaches sont limitées et ne correspondent pas aux standards européens. Les capacités d’évacuation médicale restent difficiles dans les zones reculées. Souscrivez impérativement une assurance voyage incluant :
- La couverture des frais médicaux
- L’évacuation sanitaire vers La Réunion, Nairobi ou l’Europe
- Le rapatriement en cas de nécessité
Les évacuations médicales peuvent coûter plusieurs dizaines de milliers d’euros sans assurance appropriée.
Contexte sanitaire actuel (2025)
Depuis août 2022, toutes les restrictions sanitaires liées à la COVID-19 ont été levées pour entrer à Madagascar. Aucun test PCR ni certificat de vaccination n’est exigé.
Cependant, Madagascar fait face à des difficultés d’approvisionnement en eau et en électricité, particulièrement à Antananarivo. Vérifiez que votre hébergement dispose d’équipements pour pallier ces pénuries (réservoirs d’eau, groupe électrogène).
Conseils finaux pour un voyage serein
Madagascar offre des expériences inoubliables, des allées de baobabs aux forêts de lémuriens, des plages paradisiaques aux hauts plateaux. Pour profiter pleinement de votre aventure :
- Anticipez : Consultez un professionnel de santé 4 à 6 semaines avant le départ
- Protégez-vous : Respectez rigoureusement les mesures anti-moustiques
- Assurez-vous : Souscrivez une assurance voyage complète
- Restez vigilant : Consultez immédiatement en cas de fièvre pendant ou après le séjour
Les recommandations sanitaires évoluent régulièrement. Consultez les sites officiels avant votre départ :
Votre santé est précieuse : ces précautions simples vous permettront de découvrir Madagascar en toute tranquillité et de revenir avec des souvenirs mémorables plutôt que des complications médicales.








À Madagascar, la question des vaccins interpelle toujours les familles voyageuses. Entre les recommandations pour la fièvre jaune, la rougeole et l’hépatite A, chaque parent doit jongler entre exigences sanitaires et exploration de la faune endémique. Voyager avec enfants, c’est aussi comprendre le rôle de la prévention dans la découverte culturelle.