Les lémuriens sont les animaux les plus emblématiques de Madagascar. Endémiques de l’île, ces petits primates sont présents partout sur le territoire malgache. Il existe plus d’une centaine d’espèces, certaines diurnes, d’autres nocturnes. Les lémuriens comptent notamment parmi eux le plus petit primate du monde : le Microcèbe de Mme Berthe, qui ne pèse que trente grammes ! Les légendes malgaches nous rappellent que cet animal était autrefois protégé. Malheureusement, les lémuriens sont aujourd’hui en danger. Sévèrement menacées par la destruction de leur habitat, par la chasse et la capture, la plupart des espèces sont en voie d’extinction.

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Primates emblématiques de Madagascar : les lémuriens

Le plus célèbre de son espèce : le maki catta

Le lémurien maki catta est aussi appelé lémur catta. C’est le lémurien le plus connu et le plus représenté, reconnaissable à sa longue queue annelée noir et blanc et ses petits yeux orangés. Il est très sociable et vit au sein de groupes comptant jusqu’à trente individus, toujours dirigés par une femelle.

Il évolue dans le sud de l’île au sein des forêts sèches et des fourrés épineux. Il se déplace aisément dans les arbres : il est capable de bonds de dix mètres pour se déplacer de branche en branche. Il a toutefois la particularité d’être le plus terrestre des lémuriens. Il est principalement frugivore, mais il se nourrit également d’insectes, de feuilles ou encore d’écorces.

Le maki catta a une durée de vie de 20 ans. Cependant, chassé et capturé pour du commerce illégal d’animaux domestiques, il souffre aussi de la destruction de son habitat naturel et a été placé en 2016 sur la liste des 25 primates les plus menacés au monde. Il est toutefois présent dans de nombreux zoos à travers le monde et s’adapte facilement à la vie en captivité.

Le plus imposant de son espèce : l’Indri

L’indri ou babakoto est le plus grand des lémuriens. Il peut mesurer jusqu’à 120 cm de hauteur lorsqu’il étend complètement ses jambes. Il pèse en moyenne 6 ou 7 kg. Certains atteignent même les 9 kg ! Monogame, il vit en groupes familiaux comptant seulement quelques individus.

Il est reconnaissable à son pelage noir et blanc, ses grands yeux verts, ses oreilles rondes. À l’inverse de son cousin le maki catta, sa queue est courte. Sa posture droite lorsqu’il se déplace dans les arbres est typique de son espèce. Il préfère la forêt tropicale humide pour s’y nourrir de feuilles, de fruits et de graines. Le babakoto se déplace aisément en sautant d’arbre en arbre.

Les indris font beaucoup de bruit, principalement en début de journée : ils poussent de longs cris et chantent à tue-tête pour indiquer leur présence. On peut les entendre à 4 km de distance ! Ces lémuriens se retrouvent dans de nombreux mythes et légendes malgaches.

Le meilleur danseur : le sifaka

Le sifaka est un grand lémurien noir et blanc avec une queue plus longue que son corps et une épaisse fourrure. Il a une tête ronde à la face aplatie et de longs membres inférieurs. Il vit au sein d’un groupe paritaire composé d’environ dix individus. Avec ses 40 à 55 cm de haut, il fait partie des grands lémuriens.

Il tient son surnom de « lémurien danseur » à cause de son déplacement particulier. Pour évoluer sur le sol, il se tient sur ses deux pattes arrière et se déplace en bondissant, ses longs bras écartés à l’horizontale pour assurer son équilibre. Cette démarche lui donne une allure étrange et particulière, comme s’il était en train de danser. Il se déplace aussi très facilement dans les arbres.

Les sifakas communiquent entre eux au moyen de signaux vocaux, visuels et olfactifs. Ils ne se reproduisent qu’une fois par an : les femelles mettent au monde leurs petits entre juin et septembre. Ceux-ci restent accrochés au ventre de leur mère pendant trois mois, puis dans leur dos les trois mois suivants. Ils acquièrent ensuite leur autonomie.

Le plus en danger : le lepilémur septentrional

Le lepilémur septentrional est le lémurien le plus menacé de Madagascar : seulement 19 individus ont été recensés en 2012 ! Il est donc en danger d’extinction, son habitat n’est pas protégé et aucun programme de conservation n’a été mis en place. Sa population aurait baissé de 80 % dans les 20 dernières années.

Ce lémurien est nocturne, contrairement aux espèces précédemment présentées. Relativement petit, il mesure un peu moins d’une vingtaine de centimètres et a une queue un peu plus longue que lui. Il vit dans la forêt sèche du nord de l’île de Madagascar, dans un tout petit territoire de moins de 10 km².

Aussi appelé lépilémur du Sahafary, il est reconnaissable à son pelage gris, ses oreilles de chauve-souris et ses grands yeux ambrés. Plutôt solitaire et discret, il se nourrit de graines et de feuilles et ne s’éloigne jamais beaucoup de son abri.

Les meilleurs sites pour observer les lémuriens malgaches

Les lémuriens sont présents sur l’ensemble de l’île de Madagascar, chaque espèce a son type d’habitat :

  • Les forêts sèches : à la pointe nord et sur la côte nord-ouest ;
  • Les forêts des basses terres : sur la côte est ;
  • Les forêts subhumides : le cœur de l’île, du centre nord au centre sud ;
  • Les forêts claires : au sud-ouest ;
  • Les fourrés épineux : au sud ;
  • Les Mangroves : sur la côte ouest.

Pour les observer, vous pourrez vous rendre dans un parc national ou une réserve.

Le Parc National de Ranomafana est l’un des plus populaires de l’île. Plus de vingt espèces de lémuriens y vivent dont plusieurs espèces rares.

La réserve de Berenty est également très connue : un large choix de sentiers permet de partir à l’exploration de la faune et de la flore endémique où bon nombre de lémuriens y vivent.

La réserve Anja est gérée de façon équitable et solidaire, on peut y observer le maki catta. Entourée d’un environnement magnifique, elle comporte deux circuits, un accessible à tous et un autre consacré aux sportifs.

La réserve de Lokobe à Nosy be est accessible en pirogue et contient la dernière forêt primaire de l’île. On y retrouve de nombreux animaux et végétaux endémiques.

La réserve du Palmarium est une petite forêt autour du lac Ampitabe. De nombreuses espèces de lémuriens vivent paisiblement dans sa forêt luxuriante située dans un environnement d’une beauté remarquable.

Enfin, Andasibe, la réserve spéciale d’Analamazaotra est très réputée. On y observe notamment les indris. Elle comporte plusieurs circuits au cœur de la végétation tropicale.

Il existe d’autres parcs et réserves partout sur l’île, n’hésitez pas à demander conseil à un guide qui pourra vous indiquer les meilleurs lieux en fonction des espèces que vous souhaitez observer.

Les lémuriens sont multiples et même si leur survie est menacée, il est facile de les observer dans leur environnement naturel. Ils se repèrent rapidement, car ils sont généralement très bruyants et peu timides. Ils sont sociables, il n’est pas difficile de les approcher. Ils sont attirés par la nourriture et ils viennent facilement vous voir si vous avez une banane dans la main. Ils n’hésitent pas à vous grimper sur les épaules ! L’observation des lémuriens est une activité fascinante et incontournable à Madagascar. Ces petits primates très attachants sauront séduire petits et grands lors de votre visite de l’île !

Documentaire vidéo sur le lémurien de Madagascar

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